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Le PSP et la guerre : Appuyer la politique étrangère des États-Unis et faire les guerres des États-Unis

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Le Partenariat sur la sécurité et la prospérité engage le Canada à intégrer encore plus étroitement sa politique étrangère à celle des États-Unis. À l’occasion du lancement du PSP en 2005, les leaders ont dit qu'ils voulaient « adopter une approche commune en matière de sécurité afin de protéger l'Amérique du Nord contre les menaces externes ». [traduction] Une approche commune en matière de menaces externes exige clairement une perception commune de ces menaces, et éventuellement une réaction commune. Aux États-Unis, cette réaction a été de faire des guerres illégales à l'étranger et de réduire les libertés civiles au pays. Comme il fallait s’y attendre, à la lumière du PSP et des autres efforts depuis le 11 septembre 2001 afin d’harmoniser les priorités américaines et canadiennes en matière de sécurité, cela est également en train de devenir le modèle canadien – malgré l'énorme hostilité publique envers la politique étrangère des États‑Unis.

Afghanistan : « châtiment » pour le 11 septembre 2001

Le soutien courant de la guerre en Afghanistan tourne autour de la notion que le Canada est là-bas pour aider à reconstruire un pays dévasté. Mais nous ne devons pas oublier que le Canada s'est joint à l'attaque des États‑Unis contre l'Afghanistan (l'opération « Enduring Freedom ») en 2002 pour des raisons très différentes. Après les attaques terroristes du 11 septembre 2001, à New York et à Washington, le Canada a pris un engagement militaire important dans la campagne contre le terrorisme afin de démontrer notre solidarité envers nos alliés et notre résolution d’améliorer la sécurité internationale, affirme-t-on sur le site Web des Forces canadiennes (c’est nous qui mettons en italique).  Depuis ce temps, les responsables canadiens invoquent cet engagement de faire la guerre pour obtenir du respect à Washington. Cette année seulement, le ministre de la Défense Gordon O'Connor a dit aux soldats canadiens que nous étions en Afghanistan à titre de « châtiment » pour le 11 septembre 2001.

Se rapprocher de l’Oncle Sam

En septembre 2006, le ministère des Affaires étrangères et du commerce international (MAECI) a publié un rapport de 2006‑2007 sur les plans et les priorités qui répétait constamment qu’une plus grande collaboration avec les États-Unis était la priorité stratégique numéro un. Entre autres conséquences, « plus de collaboration » [traduction] signifie continuer « d’appuyer et d’encourager les États-Unis dans leur rôle indispensable pour promouvoir le processus de paix au Moyen‑Orient » [traduction] et équilibrer « les priorités américaines avec la politique étrangère canadienne traditionnelle... en s’occupant des besoins de sécurité et de reconstruction de l’Iraq et du défi posé par l’Iran. » [traduction] Sans surprise, en dépit de la division de l’opinion publique canadienne sur la question, le premier ministre Harper a été le plus ardent défenseur des bombardements du Liban par Israel en 2006 et continue de suivre la ligne des États-Unis dans le conflit israélo‑palestinien.

Le lobby des entreprises et l’intégration militaire

Le rapport de 2006‑2007 du MAECI sur les plans et les priorités indique clairement que le Canada est en train de faire des changements importants à sa politique étrangère et militaire pour conserver ses relations commerciales avec les États‑Unis. C’est exactement le genre de compensation que le Conseil canadien des chefs d'entreprise (CCCE), les architectes du PSP au Canada, préconise depuis quatre ans. Même le rapport du MAECI le reconnaît. Le rapport indique en effet, en se basant sur une étude d’octobre 2005 de l’Université d’Ottawa, que « 83 % [des Canadiens] ont dit que le gouvernement canadien devrait poursuivre une politique étrangère indépendante, même si cela peut causer des problèmes avec les États‑Unis. » [traduction] Pas étonnant que le gouvernement se tient coi à propos du PSP quand l’opposition au programme derrière est si évidente.

La fin du maintien de la paix

La dimension militaire des rapports plus étroits du Canada avec les États‑Unis est expliquée dans un  rapport d'octobre 2006 commandé par le Conseil des Canadiens, intitulé Marching Orders: How Canada abandoned peacekeeping – and why the UN needs us now more than ever. L’auteur Steven Staples explique comment la transformation des militaires canadiens a commencé sous le gouvernement libéral précédent mais s'est accélérée sous les Conservateurs. Les militaires et les responsables du gouvernement travaillent fort pour convaincre les Canadiens qu'il n'y a plus de besoin pour des soldats de la paix aujourd'hui, et que le Canada est mieux servi, dans les mots de notre ambassadeur actuel aux États‑Unis Michael Wilson, à titre de « contributeur actif et de partenaire dans la guerre contre la terreur, particulièrement avec nos activités en Afghanistan. » [traducteur]

Dépenser des milliards de dollars pour la technologie de guerre américaine

Une autre preuve de cette transformation des militaires vers un alignement canado‑américain total est apparue dans un article du 4 décembre 2006 du National Post sur le Plan de capacités de défense du Canada pour les 20 prochaines années. Le plan indique « que les États-Unis demeureront notre principal partenaire en matière de défense et de sécurité, » même s’il « n’existe pas de menace militaire conventionnelle à grande échelle pour le Canada en ce moment. » [traduction] En dépit de l’absence d’une grande menace, selon le Post, notre gouvernement dépense des milliards de dollars pour du nouveau matériel militaire lourd, la plupart de compagnies américaines, pour demeurer un joueur clé de la « guerre contre la terreur » menée par les États‑Unis.

Un « vide juridique béant »

À l’intérieur des États-Unis, la « guerre contre la terreur » s'est affichée sous les couleurs de la réduction des libertés civiles. La loi sur les commissions militaires de 2006 (U.S. Military Commissions Act) prive tous les citoyens non américains, incluant les Canadiens, de leur droit constitutionnel à un procès équitable. Elle confère au président américain le pouvoir de détenir des citoyens non américains pour une durée indéterminée sans les accuser et « d’interpréter la signification et l’application des Conventions de Genève » [traduction] en matière de torture. De plus, selon l’American Civil Liberties Union, la loi « permet la condamnation à mort des personnes détenues, sur la base de révélations arrachées à des témoins sous la torture [et] absout rétroactivement les crimes de guerre des membres de l’administration Bush » [traduction]. Contrairement aux autres alliés des États-Unis, le Canada a refusé de condamner la loi sur les commissions militaires ou la prison de la Baie de Guantanamo, ce que les critiques ont appelé un « vide juridique béant ». Un tel silence face à l’exploitation morale est l'un des prix de l'intégration continentale et de partenariats comme le PSP.

Nous avons besoin d’une politique étrangère indépendante

Est-ce que se battre dans des guerres illégales à l’étranger par « châtiment » et diminuer les droits chez nous sont les genres de politiques que les Canadiens veulent que leur propre gouvernement adopte? La plupart des enquêtes d’opinion indiquent que non. Mais en dépit de l’opinion publique, notre gouvernement se lance dans un programme de Partenariat sur la sécurité et la prospérité qui encourage une politique étrangère nord-américaine commune.

Le Conseil des Canadiens croit que le Canada doit s'éloigner de son soutien de plus en plus dénué d’esprit critique de l’intégration avec les politiques étrangères et militaires des États-Unis et reprendre le rôle valorisant d’une puissance moyenne indépendante engagée dans les missions de maintien de la paix de l’ONU. Comme première étape, nous réclamons par conséquent le retrait immédiat, sûr et ordonné des troupes canadiennes de l’Afghanistan et le retour au rôle traditionnel canadien de maintien de la paix dans le monde. C’est seulement par la promotion de la paix et par son maintien que nous pourrons espérer exercer le rôle constructif et indépendant que le monde attend de nous.

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