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Les Canadiens ne souscrivent pas à la lutte au terrorisme des É.-U.
Moins de la moitié des Canadiens (47 %) approuve et près du tiers (27 %)approuve fortement l’énoncé qui veut que pour améliorer le commerce transfrontalier, le Canada doit harmoniser ses politiques de sécurité à celles des États-Unis, même s’il faut pour cela partager encore plus d‘informations personnelles avec les autorités américaines.
Cela ne donne pas un mandat au gouvernement Harper pour intensifier l’intégration de la sécurité du Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité (PSP)des Libéraux avec les États-Unis en prétextant que des mesures de sécurité communes à l’Amérique du Nord ouvriront les frontières au commerce. Les milliards de dollars dépensés par le Canada en sécurité frontalière,(1) en listes d’interdiction de vol, en initiatives policières conjointes Canada-É.-U.et autres initiatives du PSP, n’ont cependant pas empêché l’administration Bush d’imposer de nouveaux tarifs sur les importations agricoles canadiennes.(2) Plusieurs de ces politiques ont cependant criminalisé bon nombre de Canadiens qui ne correspondent pas aux critères de faible risque du PSP, simplement à cause de leur lieu de naissance ou de la couleur de leur peau.
- Le gouvernement Harper met au point avec les provinces des permis de conduire « améliorés» qui contiendront des données personnelles et biométriques dans des puces d’identification par radiofréquence dont l’information peut être lue par les autorités canadiennes et américaines à la frontière et aux aéroports. Le commissaire à la protection de la vie privée du Canada pense que le projet est dangereux et inutile. Des informations personnelles comme la nationalité seront mémorisées dans des banques de données canadiennes et américaines, créant de fait une carte d’identité nord-américaine lorsque toutes les provinces auront souscrit au projet. Le Department of Homeland Security des É.-U. dit que le projet prendra de l’expansion avec les années, et l’on pourrait ainsi voir apparaitre des lecteurs de radiofréquence un peu partout pour vérifier l’identité d’une personne. Cette mesure n’a fait l’objet d’aucun débat quoique le gouvernement conservateur ait consenti 6 millions $ au projet dans le budget 2008.(3)
- En mars 2008, un projet pilote conjoint de la GRC et du Homeland Security, qui plaçait des agents de sécurité américains sur des patrouilles maritimes canadiennes et vice versa, est devenu permanent. Le projet Shiprider donne à certains garde-côtes américains le droit d’exercer des pouvoirs de police dans les eaux canadiennes. Ce genre de coopération transfrontalière devrait prendre de l’expansion, selon la GRC, qui collabore avec d’autres agences, dont la police provinciale, les Forces armées canadiennes d’une part, la police d’État américaine et les agences de patrouille frontalière d’autre part, afin de poursuivre les criminels sur la terre et dans les airs. Les Canadiens n’ont pas eu l’occasion de débattre de cette initiative non plus.(4)
- Le 14 février 2008, Commandement Canada et U.S. Northern Command ont signé un plan bilatéral de soutien aux autorités civiles qui permet à l’armée d’une nation d’appuyer les forces armées de l’autre… lors d’inondations, d’incendies de forêt, de tornades, de tremblements de terre et d’attaques terroristes.(5) Le gouvernement Harper dit qu’il réfléchit à la possibilité de publier le texte de ce pacte militaire—une priorité du groupe de planification bilatéral et une composante technique essentielle du Plan nord-américain contre l’influenza aviaire et la pandémie d’influenza, signé par les chefs du PSP au Québec en aout dernier.(6)
Il n’y a cependant aucun mandat pour augmenter la sécurité et l’intégration militaire avec les États-Unis.
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(2) Voir l’article du Globe and Mail, “Minister decries food fees,” par Barrie McKenna, 31 octobre 2007.
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