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Les Canadiens veulent une politique de l’énergie qui protège les ressources et l’environnement
des Canadiens considèrent que le Canada devrait se doter d’une politique de l’énergie qui procure des sources de pétrole, de gaz et d’électricité fiables à des prix stables et qui protège l’environnement, même s’il faut pour cela restreindre les exportations et la propriété étrangère des ressources canadiennes.
Pourquoi le gouvernement Harper a-t-il donc engagé le Canada, sous la direction du groupe de travail sur l’énergie du Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité(1), à quintupler l’envergure du projet des sables bitumineux en Alberta, un projet néfaste pour l’environnement? Pourquoi devons-nous nous concentrer sur la sécurité énergétique nord-américaine si cela signifie que les provinces de l’Atlantique doivent importer de plus en plus de pétrole et de gaz chaque année? Pourquoi le gouvernement Harper a-t-il adopté une approche du marché aux ressources énergétiques qui privilégie l’exportation à une offre intérieure stable? Ces politiques du PSP ne font pas du Canada une « superpuissance énergétique », comme le prétend le premier ministre Harper. Ces politiques font du Canada un satellite des États-Unis.
- Le Canada exporte chaque année aux États-Unis 60 pour cent du gaz naturel qu’il produit. C’est sans compter les énormes quantités de gaz qui sont brulées pour alimenter la production des sables bitumineux.(2)À ce rythme, l’Office national de l’énergie prévoit que le Canada deviendra un importateur de gaz naturel net en 2028.(3)
- Selon un rapport de Statistiques Canada, le Canada a atteint le milliard de barils d’huile produits en février 2008. Notre consommation est d’environ 40 pour cent moindre, mais les importations de pétrole ont augmenté l’année dernière, atteignant 851 000 barils par jour, en provenance d’Algérie, d’Arabie Saoudite et de l’Iraq.(4)
- Avant le troisième sommet PSP au Québec en aout dernier, le gouvernement Harper a signé un Accord de coopération trilatéral en sciences et technologies de l’énergie. Cette entente permet aux travailleurs et aux techniciens du secteur de traverser la frontière, d’explorer et de mettre en valeur de nouvelles ressources plus facilement. On a ainsi fait peu de cas des politiques écologiques et environnemental es.”(5)
- En février, Environmental Defence révélait que les sables bitumineux étaient le projet industriel le plus important et le plus néfaste pour l’environnement de la planète. L’eau est contaminée par des suintements toxiques provenant de bassins de résidus qui tuent les oiseaux; en aval, on retrouve des poissons morts affichant des malformations; les pluies acides tombent aussi loin qu’en Saskatchewan.(6) On a aussi observé des taux de cancer plus élevés dans les communautés autochtones vivant à proximité des sables bitumineux.(7)
- L’Office national de l’énergie approuve souvent sans discussion les nouveaux pipelines. Kinder Morgan veut construire un pipeline de l’Alberta au Texas qui transporterait 300 000 barils de pétrole brut par jour. Le pipeline « Clipper » d’Enbridge transportera pour sa part 400 000 barils par jour à la région de Chicago d’ici 2011 tandis que le pipeline « Keystone » de TransCanada acheminera 600 000 barils à l’Illinois et à l’Oklahoma.(8)
Les Canadiens savent bien qu’une politique énergétique de marché équivaut à une absence de politique en fait. Selon notre sondage, l’appui à une politique énergétique qui protège l’environnement et limite les exportations et la propriété étrangère était le plus élevé dans la province de Stephen Harper, l’Alberta, où 92 pour cent des répondants voulaient une politique énergétique plus directe, rendue impossible par l’intégration énergétique du PSP.
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(5) Voir le rapport de recherche du Congrès du travail du Canada, “North American Competitiveness Council and the PSP: Les agents provocateurs at the Montebello Leaders' Summit,” par Teresa Healy, 21 novembre 2007 (http://canadianlabour.ca/index.php/thealy_en/1282).
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