Au moment où les Canadiens semblent se préparer à une élection printanière, nous devrions nous préoccuper d’une constellation de forces qui s’unissent pour contester plus que jamais la souveraineté et les valeurs canadiennes.
C’est en 1984 que le premier ministre Brian Mulroney, nouvellement élu, annonçait à un auditoire de gens d’affaires prestigieux, à New York : « Le Canada s’ouvre au monde des affaires. » Jamais depuis n’avons-nous vu un tel travail pour jeter les bases de changements structurels aussi importants dans les relations du Canada avec les États-Unis.
La même élite économique et politique qui a défendu le programme de libre-échange Canada-É.-U., il y a 20 ans, fait aujourd’hui la promotion d’un programme encore plus dangereux. L’Institut C.D. Howe appelle ce programme la « grande idée ». Le Conseil canadien des chefs d’entreprise (CCCE) l’appelle « l’Initiative nord-américaine de sécurité et de prospérité ».
La nouvelle donne est envisagée par les puissants groupes de réflexion et de pression de la droite et est soutenue par différentes équipes éditoriales de journaux et différents membres des partis libéral et conservateur, y compris M. Mulroney. Elle comprendrait une plus grande intégration des Forces canadiennes aux stratégies militaires des É.-U., de nouvelles mesures de sécurité canadiennes, apparentées à celles que le Department of Homeland Security (Département de la sécurité intérieure) des É.-U. a mises en œuvre, et une garantie à toute épreuve que les États-Unis pourront toujours s’approvisionner davantage de ressources énergétiques canadiennes.
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