Accord de libre-échange Canada-Europe: des électeurs favorables aux changements

CETA Trojan Horse

Alors que les chefs de parti ont débattu de l'économie, les Canadiens cherchent une voix indépendante pour mieux comprendre l'accord de libre-échange Canada-Europe. En effet, les résultats d'un sondage réalisé pour le compte du Conseil des Canadiens par la firme EKOS révèlent que 71 % des Canadiens sont d'accord pour que le directeur parlementaire du budget évalue l'Accord économique et commercial global (AECG).

Je constate que les Canadiens, notamment les Canadiens progressistes, souhaitent une analyse indépendante qui transcende les considérations partisanes pour y voir plus clair dans l'accord de libre-échange Canada-Europe. Nous voulons une évaluation honnête de la part du directeur parlementaire du budget pour savoir quels seront nos gains et à quel prix.

Les résultats du sondage montrent que 77 % des électeurs libéraux appuient l'idée d'une évaluation indépendante, à l'instar de 74 % des partisans du NPD et de 65 % des verts. Contre toute attente, 62 % des électeurs conservateurs se sont dits d'accord avec cette idée, en dépit du tapage médiatique du gouvernement conservateur pour marteler les bienfaits de l'AECG.

Le sondage demandait également aux Canadiens s'ils appuyaient les dispositions controversées qui permettent aux multinationales étrangères de poursuivre les gouvernements lorsque les lois ou les politiques, y compris les lois environnementales, font obstacle au profit des entreprises. Au final, 61 % ont affirmé être opposé à ces dispositions contre seulement 20 % qui les appuient. Le pourcentage d'opposition chez les électeurs de chaque parti se situe à 71 % pour les verts, 68 % pour le NPD et 60 % pour les libéraux.

Je pense que les Canadiens veulent un accord de libre-échange avec l'Europe, mais cela ne signifie pas que nous voulons également que les multinationales nous poursuivent chaque fois que notre gouvernement adopte un nouveau règlement environnemental ou politique sociale. Les partis progressistes ont l'occasion de se démarquer des conservateurs en exigeant des accords commerciaux plus justes et à l'abri des poursuites des multinationales.

Le sondage a été réalisé en ligne par la firme EKOS auprès de 1 092 adultes au Canada entre le 8 et le 15 septembre 2015. Les données ont été pondérées de manière à ce que la composition de l'échantillon soit statistiquement représentative de la population actuelle du Canada d'après les données colligées lors du recensement. La marge d'erreur pour un échantillon de cette taille est de plus ou moins 3,1 %, neuf fois sur dix.

Article dans le Devoir.