La signature du PTP dans un casino met en jeu notre avenir

3 février, 2016
Communiqué de presse

OTTAWA – Les ministres du Commerce de 12 nations ont choisi de se réunir dans un palais des congrès attenant à un casino pour la signature du Partenariat transpacifique (PTP), suscitant la critique de nombreux défenseurs du commerce équitable, comme le Conseil des Canadiens, qui affirment que les gouvernements jouent l’avenir de leurs citoyens.

« En signant le PTP, nos gouvernements jouent à la roulette avec nos protections environnementales et nos normes sociales », affirme Maude Barlow, présidente nationale du Conseil des Canadiens. « Au Canada, nous ferons tout en notre pouvoir pour empêcher les flambeurs qui cautionnent ces traités, les milliardaires, de piper les dés en faveur d’un petit groupe de multinationales. »

Le Conseil des Canadiens souligne que le PTP se préoccupe davantage de protéger les droits des multinationales que de lever les barrières commerciales. Sur les 30 chapitres que compte le PTP, seulement deux portent sur l’élimination des tarifs et six sur les questions commerciales habituelles.

Le PTP soulève d’autres inquiétudes, notamment :

  • Le PTP est un mauvais pari pour l’emploi : d’après une étude réalisée par l’Université Tufts, le PTP pourrait entraîner la perte de 58 000 emplois au Canada. L’industrie automobile a été frappée de plein fouet par les règles d’origine du PTP, qui pourraient menacer 28 000 emplois d’après Unifor, le plus important syndicat du secteur privé au Canada.
  • Le PTP lance les dés sur les poursuites des multinationales : la récente poursuite de TransCanada contre les États-Unis en vertu de l’ALENA pour son rejet du projet de pipeline Keystone XL illustre bien les dangers des dispositions relatives au règlement des différends entre investisseur et État, qui permettent aux multinationales de poursuivre un État pour perte de profits escomptés découlant de leurs décisions. Ces dispositions restreignent les politiques environnementales et sociales en imposant des pénalités financières aux pays tant pour l’interdiction de la fracturation hydraulique que pour l’augmentation du salaire minimum.
  • Le PTP joue la santé des Canadiens : le PTP prolonge la durée des brevets pharmaceutiques sur de nouveaux médicaments d’importance vitale, augmentant les profits des sociétés pharmaceutiques tout en rendant les soins de santé publique moins abordables pour les gouvernements.

« Nous avons tous été bluffés par le PTP », conclut Barlow. « Des voix s’élèvent dans tous les pays signataires du PTP pour dénoncer ce traité. Le moment est venu de jeter nos cartes. »

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