Le régime de santé publique au banc des accusés cette semaine

6 septembre, 2016
Communiqué de presse

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Le régime d’assurance-maladie canadien s’est retrouvé au banc des accusés aujourd’hui avec le début des audiences dans l’affaire du Dr Brian Day contre le ministère de la Santé de la Colombie-Britannique devant la Cour suprême provinciale. Le résultat aura des répercussions au niveau national pour le système de santé publique du Canada.

« Ne vous méprenez pas ! On ne parle pas ici de trouver de vraies solutions aux problèmes qui gangrènent notre système de santé publique », prévient Michael Butler, responsable de campagne pour la santé auprès du Conseil des Canadiens. « Au contraire, cette attaque irresponsable contre le régime d’assurance-maladie est motivée uniquement par l’appât du gain et la possibilité de créer une brèche dans laquelle pourra s’implanter un système de santé à deux vitesses, comme celui des États-Unis. « Le Dr Profit met en péril notre système de santé publique, auquel est redevable chaque Canadien et chaque Canadienne, afin de maximiser ses propres profits ainsi que ceux de ses actionnaires.  »

Le Dr Day est cofondateur de la corporation de chirurgie privée Cambie Surgery Corporation et d’une clinique de renvois vers des praticiens spécialisés, qui ont toutes les deux violé la Loi médicale de la Colombie‑Britannique en augmentant les coûts et en pratiquant la double facturation. Une vérification effectuée en 2012 par le gouvernement provincial a révélé qu’en à peine un mois, la clinique du Dr Day avait facturé illégalement pour près de 500 000 $ à ses patients, dont 66 734 $ simplement en juxtaposant des demandes de paiement faites simultanément auprès des patients et des autorités provinciales. C’est notamment ainsi que Dr Day s’est mérité le surnom de « Dr Profit. »

« Brian Day affirme que cette affaire porte sur le droit du patient à payer ou non pour les soins de santé reçus », ajoute Colleen Fuller du Independent Patient Voices Network. « En fait, nos impôts servent déjà à payer les soins de santé. La Loi garantit déjà aux utilisateurs des droits selon lesquels ils peuvent obtenir les services d’un hôpital ou d’un physicien en fonction leurs besoins. C’est exactement cette loi que Brian Day essaie de faire abroger par les tribunaux. Day se bat pour que la Cambie Surgery Corporation puisse facturer en double les services médicaux rendus. S’il gagne, nous paierons deux fois pour un même service — une fois avec nos impôts et une fois en retournant nos poches. »

Les études ont démontré que les cliniques à but lucratif attiraient les médecins à l’extérieur des milieux hospitaliers, contribuant directement à l’augmentation des temps d’attente. Ces cliniques « sélectionnent » leurs patients en privilégiant les patients à faible risque, laissant au système de santé publique les cas plus lourds, les cas plus complexes et ceux dont les soins sont les plus coûteux.

« La pierre angulaire de notre régime d’assurance-maladie est le principe selon lequel les soins de santé sont fournis en fonction des besoins des patients, et non en fonction de la capacité à payer », a dit Butler. « Le traitement de faveur qui consiste à accorder la priorité au profit, au détriment des gens, n’a tout simplement pas sa place au Canada. »

Le Conseil des Canadiens organise une manifestation à l’extérieur de la Cour suprême de la Colombie-Britannique le 6 septembre à 9 h (HNP) pour défendre le système universel de santé publique du Canada.

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Renseignements et entrevues :

Michael Butler, mbutler@canadians.org, 416-414-1684

Colleen Fuller, 604-441-6296