L'effondrement de l'AECG présage d’un avenir incertain pour l'accord

24 octobre, 2016
Media Release

(OTTAWA) – Dans un échec que l’on ne pourrait que qualifier d’abyssal, l’Union européenne (UE) n’est pas parvenue à s’entendre sur la signature de l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’UE. Par conséquent, la cérémonie de signature qui devait avoir lieu ce jeudi 27 octobre est annulée. Jadis vanté comme étant « inévitable », l’AECG est devenu « impossible » sous sa forme actuelle.

« La démocratie l’a emporté et le programme conçu pour renforcer les droits des entreprises a volé en éclats », affirme Maude Barlow, présidente nationale du Conseil des Canadiens. « Cela n’a rien à voir avec la politique interne de la Belgique. Des millions de personnes en Europe et au Canada ont rejeté cet accord de libre-échange, y compris de nombreux députés européens, des syndicats, des environnementalistes et des agriculteurs. »

Plus de 3,5 millions de personnes ont signé une pétition contre l’AECG et 320 000 personnes ont manifesté dans les rues de plusieurs villes d’Allemagne le mois dernier pour dénoncer l’accord. Pas moins de 80 % des Autrichiens s’opposent à l’AECG parce qu’il transfère le pouvoir aux sociétés transnationales, tandis que 81 % des Français ont affirmé craindre que l’AECG affaiblisse les normes nationales en matière de protection de la santé, de qualité des aliments, d’environnement et de climat. De nombreux gouvernements d’autres États membres de l’UE entretenaient également des réticences à l’égard de l’AECG, sans toutefois être disposés à bloquer l’accord. Seulement 17 % des Allemands appuient l’AECG et le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) avec les États-Unis.

« Si l’AECG n’avait pas connu cet échec, il aurait éventuellement échoué à cause de l’arrogance des politiciens, qui refusent d’écouter leurs contribuables », note Sujata Dey, responsable de campagne pour le commerce international auprès du Conseil des Canadiens. « Un nouveau paradigme est en train d’émerger sur la façon dont les accords commerciaux doivent être conclus. Si nos représentants élus continuent à ignorer la volonté des personnes qu’ils représentent, les accords continueront à échouer. »

L’UE avait donné un ultimatum au gouvernement fédéral de la Belgique, qui devait mettre de la pression sur la Wallonie afin qu’elle accepte l’accord. Il y a quelques jours, le ministre-président wallon Paul Magnette affirmait ceci : « Ce traité affectera la vie de 500 millions d’Européens et de 35 millions de Canadiens pendant de nombreuses années. Nous pouvons certainement prendre quelques semaines, voire quelques mois, pour analyser et régler tous les problèmes. »

Le Conseil des Canadiens appuie le commerce équitable qui permet aux biens et aux personnes de traverser les frontières sans accorder de droits spéciaux aux multinationales.

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