Nouveau rapport : le pipeline Énergie Est menace l’eau potable de près de 130 679 personnes au Nouveau Brunswick, et de plus de 5 millions de Canadiens sur toute la longueur du parcours

6 avril, 2016
Communiqué de presse

FREDERICTON, NB – L’eau potable d’Edmundston, de Saint‑Léonard, de Sainte-Anne-de-Madawaska, de Grand-Sault, de Cambridge-Narrows, de Hampton, de Fredericton et de Saint-Jean serait menacée par un déversement ou une fuite provenant du pipeline Énergie Est. Une analyse détaillée du parcours du pipeline démontre que, partout au Canada, le projet pourrait entraîner une contamination de sources d’eau potable cruciales qui n’apparaissent nulle part dans la demande d’autorisation de TransCanada.

« Le pipeline menace l’eau potable d’Edmundston », déplore Claudia Julien, une résidente de la Ville. « L’accès à l’eau potable est un droit de la personne. Notre ville et notre province ont le devoir de la protéger. »

Pour l’ensemble du parcours, de plus de 5 millions de Canadiennes et de Canadiens, depuis le Manitoba jusqu’à Saint‑Jean, consomment l’eau potable provenant de sources situées à portée d’un déversement et en aval du pipeline Énergie Est. Au Nouveau-Brunswick, bon nombre de ces municipalités dépendent de l’eau souterraine des champs de captage protégés adjacents au fleuve Saint‑Jean. Énergie Est traverse des tributaires importants du fleuve Saint‑Jean à moins de 30 kilomètres en amont des secteurs de champ de captage officiellement protégés par décret provincial.

« L’envergure même du projet de pipeline Énergie Est signifie qu’un seul déversement pourrait être le plus catastrophique de toute l’histoire du Canada », rappelle Mark D’Arcy, organisateur de la campagne Énergie Est au Nouveau‑Brunswick pour le Conseil des Canadiens. « Je peux difficilement imaginer à quel point un déversement de bitume dilué toxique provenant des sables bitumineux serait dévastateur pour nos communautés. »

Si le projet était approuvé, Énergie Est transporterait du bitume dilué extrait des sables bitumineux qui, d’après un rapport récent de l’Académie des sciences des États‑Unis, constitue un risque encore plus important pour l’environnement lors d’un déversement.

En 2010, un pipeline d’Enbridge a déversé 3,8 millions de litres de bitume dilué dans la rivière Kalamazoo jusqu’à près de 60 kilomètres en aval. Les efforts de nettoyage ont été entravés par l’immersion du bitume, donnant lieu à un dragage intensif – un processus qui s’est échelonné sur plusieurs années à un coût dépassant le milliard de dollars. Six ans plus tard, la qualité des eaux de la rivière est toujours dégradée par la contamination résiduelle attribuable au bitume submergé.

« Le projet de pipeline Énergie Est longerait le secteur protégé du bassin hydrographique du Loch Lomond, situé en dehors de la Ville de Saint‑Jean, en plus de passer à proximité du réservoir d’approvisionnement en eau potable de Latimore Lake, posant dans les deux cas une menace pour les réserves d’eau potable de la Ville », souligne Paule Tippett, une résidente de Loch Lomond.

Le pipeline traverserait la rivière Maspec, située à environ trois kilomètres de Latimore Lake, une source d’eau potable pour la Ville de Saint‑Jean. Un déversement à cet endroit pourrait dévaster les réserves d’eau. Ailleurs, le pipeline passe sur une colline située à seulement trois kilomètres des limites du bassin hydrographique de Loch Lomond. Un déversement à cet endroit pourrait descendre vers le secteur protégé, qui abrite trois lacs alimentant Saint‑Jean en eau potable.

Le projet Énergie Est en chiffres :

  • Estimation du nombre de Canadiennes et de Canadiens vivant dans la zone de déversement de pétrole : 5 061 433
    • Manitoba 676 613
    • Ontario 1 040 788
    • Québec 3 213 353
    • Nouveau‑Brunswick 130 679
  • Longueur totale du pipeline : 4 600 km
    • 3 000 km – vieux gazoduc converti en pipeline
    • 1 600 km – nouvelle construction
  • Nombre de barils par jour : 1 100 000
  • Nombre de traverses de cours d’eau : 2 963

Pour télécharger une copie du rapport : http://canadians.org/fr/energieest-eau-potable

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Renseignements et entrevues :

Paula Tippett (Sain‑Jean, Nouveau‑Brunswick), 506 696-3035

Claudia Julien (en anglais et en français), 506 739-7786

Dylan Penner, agent des relations avec les médias, Conseil des Canadiens, 613 795-8685, dpenner@canadians.org. Twitter : @CouncilOfCDNs